Se souvenir des éclipses
Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Le 12 août 2026, nous avons été témoins en fin de journée d'une éclipse solaire. Nous avons communié en même temps pour observer avec émerveillement la réunion d'un astre et d'une étoile qui sont habituellement condamnés à s'éviter. Chacun chez soi : le soleil habite l'aube, la lune erre dans la nuit. Sinon, ils n'ont pas lieu d'être. Mais, de temps en temps, ils se rebiffent et semblent se fondre l'un dans l'autre quelques minutes. L'attraction comme une distraction interdite dont la Terre s'étonne à chaque fois.
Ce que nous dit cet événement extraordinaire quand il survient, c'est que les rapprochements sont des miracles qu'il faut savoir provoquer et apprécier. Nous sommes de plus en plus des soleils et des lunes qui s'abandonnent à leur propre monde. Tout est fait pour que nos destins s'infléchissent vers la solitude et l'isolement : les écrans de toutes tailles, les services à domicile, l'égotisme numérique. Les retrouvailles ont maille à partir. Elles deviennent un effort, un acte presque contre-intuitif. Un risque que l'on n'ose plus prendre.
Se voir et se revoir comporte en effet un risque : celui de la nouveauté autrement dit de l'inattendu et, peut-être même du bizarre. Ce serait donc une résistance baudelairienne. Y voir de la beauté là où il y a de l'inconnu et possiblement de l'incongruité. Provoquez vos éclipses ! Rapprochez-vous de ceux qui vous semblent loin, conversez avec les esprits qui pensent à l'inverse du vôtre. Même si ce n'est qu'une éclipse partielle, tentez-la au nom du miracle de la rencontre.
Le Vaisseau rouge est créateur d'éclipses : participer à une lecture commune pour y trouver le goût du débat, s'essayer à l'écriture pour transcender son histoire personnelle en un échantillon d'humanité. Une belle manière de voguer sous les rayons mêlés du soleil et de la lune.
source de l’illustration : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53062989h



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